Avant la Savate, il y avait ....

 
"Après quelques années de gymnastique, je commence tardivement la danse classique en 1993, à l'àge de 10 ans. Je voulais faire de la danse pour "faire le grand écart" et "porter un tutu". J'ai vite découvert la danse des studios, les heures d'entraînements à souffrir dans mes pointes pour répéter inlassablement une chorégraphie d'une minute trente, avec pour seul objectif de tenter d'approcher un peu plus encore la réalisation parfaite de chaque mouvement.
C'est dans cette atmosphère passionnée et perfectionniste que j'ai appris à danser. Je remporte, en 1995 et 1996, les premiers prix aux concours régionaux et nationaux dans les catégories élémentaire 1 et élémentaire 2.
L'année suivante, j'intègre l'école municipale de l'Opéra de Clermont-Ferrand. Frustrée dans un premier temps de découvrir une école qui ne prépare pas aux concours, je découvre rapidement un autre versant de la danse avec une danse moins individuelle, pour la scène et pour le public. C'est dans cette direction que j'ai évolué, durant quatre années, comme première danseuse du cours soutenu de l'Opéra. Ainsi, j'ai dansé dans de nombreux galas de danse. Le plaisir pris sur scène est certainement proportionnel aux soufrances endurées lors des entraînements.Après avoir récolté un Premier Prix au concours National de la Fédération dans la catégorie "groupe" en 1997, j'arrête la danse classique à 16 ans pour pouvoir vivre une adolescence en dehors des studios de danse.
Conquise par cette discipline, je n'ai jamais regretté de l'avoir arrêté car j'ai toujours l'impression, encore aujourd'hui, d'en avoir fait le tour. En tout cas, ce qui me restait à apprendre, et il en restait, ne me passionnait plus de la même façon. Une fois toutes les difficultés techniques comprises et réalisées, je n'ai plus trouvé de sens à les répéter encore et encore dans différentes combinaisons. J'avais besion de passer à autre chose." 
Finale des Championnats de France Espoir 2011 à Calais

La savate

 
"Durant presque dix ans, j'ai pratiqué différents sports en loisirs, notamment la course à pied, jusqu'à ce que je commence à 25 ans la Savate boxe française".
"Ce fut pour moi une nouvelle rencontre sportive dès mon premier cours au Clermont Boxe. J'ai tout de suite été conquise par ce sport. A la recherche d'un club plus techniciste, je suis venue à l'U.S.I dès la rentrée suivante en 2009. J'ai trouvé dans ce club ce que je cherchais. On dit bien des boxeurs que ce sont des danseurs ! J'aime l'ambiance de la boxe, l'attitude du combattant qui doit parfaitement maîtriser son corps pour réaliser des gestes techniques efficaces. En plus de la danse, le boxeur ne se contente pas de répéter une chorégraphie, il doit lui même décider de ses enchaînements en situation d'opposition. En fonction de nombreux éléments internes et externes, il doit faire des choix tactiques, Et ce tout en étant mis à mal par son adversaire, ou tout du moins éprouvé physiquement. C'est le sport le plus complet qu'il m'ait été de pratiquer. Mon meilleur souvenir sur un ring est un combat en 3X2' lors du tournoi qualificatif pour les finales du Championnat de France Espoir. Je boxait Judiquael QUEROL qui s'était entraîné auparavant au Pôle France de Toulouse et qui pratiquait également la boxe anglaise. A peine 20 secondes après le début du combat, j'étais comptée après avoir été touchée par un crochet. Après le compte de l'arbitre, j'avais oublié que j'étais sur un ring en compétition. Il n'y avait que moi et elle et je savais qu'il me restait toute la reprise à faire avant de pouvoir recevoir l'aide de Bertrand dans le coin. JE savais que je devais surtout me protéger, monter les gants. Tous ses coups étaient secs et faisaient mal. C'était la première fois que j'avais une adversaire efficace, c'était "kiffant". Cela a peut-être été mon seul vrai combat. J'avais l'impression de jouer aux échecs, il fallait toucher sans être touchée. Mais cette fois, pas le droit à l'erreur sans être immédiatement sanctionnée dans mon corps. Et c'est là qu'intervient une autre dimension : la résistance physique. C'est à ce moment là, quand tu as indéniablement plus de jus que ton adversaire et que tu prends le dessus physiquement, que tu remercies intérieurement Jaafare de t'avoir concoctédes séances de fractionné épouvantables. Finalement, je n'ai pas eu le temps de refaire mon retard en trois reprises et j'ai perdu ce match. Mais cela m'était bien égal tant le plaisir de boxer avait été grand. Cela m'a surement porté chance puisque j'ai été repêchée au tirage au sort pour participer à la finale que j'ai gagnée deux semaines plus tard à Calais".
"J'aime la boxe, la belle boxe, technique, tactique et surtout efficace. C'est vraiment dur pour moi de ne plus pouvoir conjuguer entraînement et vie professionnelle. J'ai l'impression, après seulement trois années de pratique, de ne pas avoir terminé ce que j'avais à faire et à apprendre dans la boxe. Mais je suis heureuse d'avoir pu pratiquer ce sport".
"Vous avez pour la plupart été mes partenaires d'entraînement, je vous remercie pour ces moments partagés à la salle et en déplacements. Je vous souhaite à tous, aux anciens et aux nouveaux, de percevoir toutes les sbtilités de ce magnifique sport et de vous faire plaisir toute l'année".
 
Bonne saison à tous et à bientôt.
 
 
Laure CARRIER
Tour de Secteur à Chateauroux 2010
Tour de Secteur à Chateauroux 2010
Match de gala au tour de poule Elite A à Issoire 2010

Match de gala au tour de poule Elite A à Issoire 2010